Les 7 raisons de devenir un émetteur de bonnes nouvelles au bureau

Pourquoi s’occuper des bonnes nouvelles ? Primo parce que les médias se chargent déjà des mauvaises et, secundo, parce que ça fait de toi quelqu’un d’extraordinaire !

Ok, les mauvaises nouvelles, c’est comme l’ennemi commun, ça crée du lien. Et comme créer du lien permet de se sentir moins seul au milieu de l’individualisme ambiant, les commérages et les « conspirations » de couloirs ont de beaux jours devant eux.

Alors, pourquoi « perdre son temps » avec les bonnes nouvelles ? Parce que ta singularité justement se dessine en dehors du bruit de la foule et parce que ce sera une source de sérénité pour toi-même et d’amélioration de ton environnement quotidien, 8 heures par jour pendant 40 ans : le bureau.

Qu’est-ce que tu vas découvrir dans cet article ? Attention, prépare-toi à bientôt briller en société !

  • Pourquoi les mauvaises nouvelles font recette
  • La notion de groupe social
  • L’expérience de la Caverne des voleurs
  • Les biais socio-cognitifs du groupe
  • Pourquoi émettre de bonnes nouvelles
  • Comment vivre heureux dans un monde de merde
  • Pourquoi ne pas dire du mal des autres au travail
  • Vérité, bonté, utilité : les 3 filtres de Socrate
  • Les bonnes nouvelles pour l’optimisme et la santé
  • … Plus quelques citations pas piquées des hannetons !

Ce qui tourmente les hommes, ce n’est pas la réalité mais les opinions qu’ils s’en font (Épictète)

 

C’est vrai que les mauvaises nouvelles font recette. Pourquoi ?

Peut-être parce que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Voir les malheurs du monde relativise notre propre situation. Pour autant, est-ce que ça allège notre angoisse ? Pas sûr… Comme disait Coluche « Maintenant, ils viennent crever dans le poste pendant qu’on est à table ».

Cela dit, les mauvaises nouvelles « marchent » aussi parce que notre cohésion se tisse toujours mieux face à l’ennemi commun, qu’il s’agisse d’une personne, d’une nouvelle ou d’une menace. Ce rôle « cohésif » de l’identification de « l’ennemi », l’Histoire n’est faite que de ça, et Muzafer Sherif le démontrera dans les années ‘1960 avec l’expérience de la « Caverne des voleurs ».

Le phénomène reste toujours d’actualité, que ce soit face à l’ennemi terroriste ou à la menace de crash de l’économie mondiale comme l’expose George Lewi dans sa « Fabrique de l’ennemi » (Ed Vuibert, 2014).

À la différence de la concurrence, l’ennemi veut notre perte. Et déjà dans son expérience de la « caverne des voleurs », Sherif soulignait l’importance du fait que la réussite de l’endogroupe (nous) dépendait de l’échec de l’exo-groupe (eux). À l’inverse, réaliser une tâche en commun estompait les oppositions et renouait du lien.

Pourquoi m’inquiéterai-je pour les générations futures ? Qu’ont-elles fait pour moi ? (Groucho Marx)

 

Définition du groupe, Chantal Leclerc (1999)

En fouillant dans mes cours de psy, je suis tombé sur ce passage qui tombe à pic ! Extrait…

Un groupe est un champ psychosocial dynamique constitué d’un ensemble repérable de personnes dont l’unité résulte d’une certaine communauté du sort collectif et de l’interdépendance des sorts individuels. Ces personnes, liées volontairement ou non, sont conscientes les unes des autres, interagissent et s’inter-influencent directement. (1)

 

Résumé des travaux de Sherif (1961)

La caverne des voleurs

  • 24 enfants, répartis en 2 groupes de 12, participent à l’expérimentation. Les équipes constituées à deux moments différents sont installés dans des logements éloignés. Aucun contact n’est possible entre ces 2 groupes.
  • La 1re semaine, les enfants sont invités à participer à des activités de loisirs.  Chaque groupe se donne un nom, les Eagles (les aigles) pour les uns et les Rattlers (les crotales) pour les autres.
  • La 2e semaine, un tournoi est organisé. Les gagnants remporteront un trophée ainsi que de beaux couteaux. La réussite d’une équipe implique l’échec de l’autre. Très rapidement des insultes et des accusations de tricheries sont proférées par les 2 groupes. Les 2 équipes vont même organiser des raids dans les dortoirs des « ennemis » en y semant la zizanie. À la fin de chaque épreuve, chaque équipe surestime ses performances et sous-estime les performances de l’autre équipe.
  • La 3e semaine, l’expérimentateur teste comment réconcilier les deux groupes. Les enfants devront résoudre des problèmes, nécessitant le travail conjoint de tous. On observe alors que plus le nombre de ces situations de coopération est important, plus l’hostilité s’estompe.

Dans cette expérience de Sherif et al., les Eagles et les Rattlers ne se sont pas contentés de se détester et de se combattre. Ils ont aussi considéré les 2 groupes différemment et fait apparaître l’émergence de stéréotypes. Chaque groupe se voyait courageux, fort et amical. Les membres du groupe « ennemi » était vu comme faibles et malhonnêtes.

Source : www.psy4tech.com/la-caverne-des-voleurs

 

Conclusions

« Des individus amenés à réaliser un but par des actions interdépendantes deviennent un groupe ; ils développent une hiérarchie sociale et des normes spécifiques.

Lorsque deux groupes ont à réaliser des projets incompatibles, l’un d’eux ne pouvant réaliser son projet qu’à condition que l’autre n’y arrive pas, une perception défavorable se développe entre les groupes et les membres d’un groupe n’envisagent et ne réalisent que des contacts hostiles avec ceux de l’autre groupeIls augmentent la solidarité à l’intérieur de leur groupe, tout en adaptant, au besoin, leur structure sociale aux exigences créées par le déroulement du conflit. 

En revanche, l’introduction d’un projet d’intérêt supérieur qui nécessite la collaboration des deux groupes fera disparaître l’hostilité ; elle rendra la perception de l’autre groupe plus favorable et permettra l’établissement de rapports de camaraderie entre les membres des deux groupes. » (1)

 

On peut donc prévoir le succès de mauvaises nouvelles qui stigmatisent « l’autre » et renforcent la cohésion et le sentiment d’appartenance à son propre groupe…

L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse (Proverbe africain)

 

 

Pourquoi alors émettre les bonnes nouvelles ?

Avant de répondre à cette question – pourquoi les bonnes nouvelles – voyons un dernier petit argumentaire en défaveur du « consensus ».

Les biais socio-cognitifs du groupe

Même si la cohésion sociale est source de performance dans l’entreprise (L’effet Hawthorne, Elton Mayo, 1949), vous n’en avez peut-être rien à cirer mais il faut tout de même noter que le groupe n’est pas synonyme d’élévation de l’esprit.

De la psychologie des foules de Gustave Le Bon (1895) aux travers du conformisme de Salomon Asch (1951) ou de l’obéissance de Stanley Milgram (1963), quand la responsabilité individuelle peut se mettre en veille, le plus souvent, elle n’hésite pas !

Et avec des études récentes sur l’allégeance aux normes sociales dominantes (Gangloff, 1995 ; Dagot, 2000) on démontre scientifiquement le formatage consentant de masse observé empiriquement chaque jour.

 

Pythagore : « Ah bah, non, j’ai dû dire une connerie »

Pythagore défendait l’idée de métempsycose, théorie selon laquelle l’âme se perfectionne au fur et à mesure des vies successives. Sachant que nous ne pourrons pas trancher la question, ne nous privons pas pour autant de la contribution de Saegaert et Gary (2015) :

« Cette théorie de progrès perpétuel de l’âme a depuis été réfutée par certains participants à des émissions de télé-réalité. S’il avait vécu à notre époque, Pythagore aurait-il abandonné son idée ? »

 

Il ne s’agit pas pour autant de vouloir à tout prix se démarquer et être meilleur que les autres. D’ailleurs à mon sens, ce qui nous porte ce n’est pas de chercher à être meilleur que les autres mais de travailler à devenir meilleur que soi-même. Et pourquoi  ? Parce que donner le meilleur c’est vivre le meilleur de soi-même !

On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré (Albert Einstein)

 

Émettre de bonnes nouvelles : comment vivre heureux dans un monde de merde

Dans son opus Tout va mal… Je vais bien ! Philippe Bloch propose des clefs pour dépasser la sinistrose ambiante et redécouvrir les plaisirs et les opportunités du quotidien.

« Arrêter de relayer les catastrophes auprès de nos collègues autour de la machine à café. […] Redevenir attentif à ce qui marche bien. Nous réveiller ou nous endormir avec la musique qu’on aime plutôt qu’avec les seules infos de la nuit.

En clair, utiliser le redoutable pouvoir des mots pour devenir une gigantesque Dream Team rédactionnelle et interconnectée de l’optimisme. Chacun de nous peut désormais être un puissant émetteur de bonnes nouvelles contagieuses. Une lourde responsabilité mais surtout une tâche colossale dont on commence heureusement à comprendre la nécessité »

Tels sont les derniers mots du premier chapitres d’une liste à se répéter chaque matin en mode Maître Yoda !

  1. Un émetteur de bonnes nouvelles tu deviendras
  2. Ta confiance plus souvent tu accorderas
  3. Sur ce qui dépend de toi, tu te concentreras
  4. De personne jamais rien tu n’attendras
  5. Des projets fous tu imagineras
  6. La nostalgie tu banniras
  7. Le goût du risque tu retrouveras
  8. Ton pouvoir tu conserveras
  9. La bienveillance toujours tu incarneras

 

Le bouquin est semé de petites maximes qui ensemenceront notre résolution du jour. Vous en retrouvez quelques-unes au long de cet article.

Si ton problème a une solution, alors il ne faut pas t’inquiéter. Et s’il n’a pas de solution, t’inquiéter n’y changera rien (Dalaï Lama)

 

Pourquoi ne pas dire de mal des autres au travail ?

C’est une des 110 règles d’or du travail de Richard Templar.

« Partout autour de vous des idiots sont promus ; il y a trop de travail ; trop de systèmes stupides. C’est vrai, chienne de vie…

Maintenant expliquez-moi en quoi gémir vous aidera […] Gémir a été inventé par des gens qui […] lorsqu’ils se sont bien plaints, commencent à cancaner »

« Râler va juste attirer à vous les autres râleurs ; va vous encourager à baisser les commissures des lèvres (pas bon pour la séduction) ; vous conférer la réputation de quelqu’un qui ne propose rien de positif ; vous démotiver et vous placer dans un cercle vicieux »

En conclusion, inutile de râler, c’est stérile et au mieux ça attire les casse-pieds.

Vivement demain que tout soit comme hier (Coluche)

 

Vérité, bonté, utilité : les trois filtres de Socrate

L’idée n’est pas neuve. Direction la Grèce antique, autour de 450 avant Jésus-Christ. Un jour, une connaissance de Socrate vient lui parler…

  • « Socrate, sais-tu ce que je viens d’apprendre à propos de Diogène ? »
  • « Un instant » répondit Socrate, « avant de me raconter ça, es-tu absolument sûr que ce que tu vas me dire est la vérité ?« 
  • « Non, en fait, j’en ai entendu parler… »
  • « Bien » dit Socrate, « tu ne sais donc pas si c’est vrai ou faux. Est-ce-que ce que tu vas me dire au sujet de Diogène est quelque chose de bon ?« 
  • « Non, au contraire ! »
  • « Ainsi », continue Socrate, « tu t’apprêtes à me dire au sujet de Diogène quelque chose qui pourrait être mauvais alors que tu ne sais même pas si c’est vrai ? ». L’homme se sent un peu embarrassé.
  • Socrate continue : »Est-ce-que ce que tu vas me dire au sujet de Diogène peut m’être utile ?« 
  • « Utile ? non pas vraiment. »
  • « Bien » conclut Socrate, « si ce que tu veux me dire, n’est ni vrai, ni bon, ni même vraiment utile, pourquoi me le dire ?« 

 

boom bam bing

 

Je ne voudrais pas nous condamner à la ciguë et je comprends qu’on se laisse tenter par le colportage de rumeurs, elles sont souvent si bien accueillies et source de complicités.

Toutefois, cette petite leçon socratique devrait te guider sur le chemin des bonnes nouvelles car, même si on peut douter de leur véracité, elles sont toujours source de bonté et d’utilité.

 Ne craignez par la perfection, vous ne l’atteindrez jamais (Salvador Dali)

 

Les bonnes nouvelles pour vivre en meilleure santé

Émettre de bonnes nouvelles, c’est clairement un antidote au pessimisme. Aussi bien pour les autres que pour soi-même. Il n’y a pas de miracle, la mémoire retient ce qu’on prend l’habitude d’y déposer

Pour en aborder les vertus côté santé, éclairerons-nous à la lanterne de Philippe Gabilliet dont l’Éloge de l’Optimisme nous rappelle les bienfaits d’un état d’âme positif.

Les racines de cette entreprise puisent dans les profondeurs de l’histoire. La parole au Roi Salomon qui nous déclare dans le Livre des Proverbes (Bible 15:13) « Un cœur joyeux rend le visage serein mais quand le cœur est triste, l’esprit est abattu ».

Bon d’accord, aujourd’hui ce genre de révélation n’est pas révolutionnaire mais l’auteur nous livre quelques clefs de la recherche sur les liens observés entre bonne humeur et santé.

Les études menées depuis plus de 60 ans par différents laboratoires se recoupent et concluent que les hommes et les femmes manifestant une forte tendance à l’optimisme :

  • ont moins de jours d’arrêt maladie que les autres
  • sont plus résistant aux infections de toutes sortes
  • présentent moins d’accidents vasculaire cérébral
  • résistent mieux au stress et aux épisodes dépressifs
  • ont un taux de survie supérieur aux autres après un infarctus
  • récupèrent plus rapidement et présentent des rémissions plus longues après une chimiothérapie
  • vieillissent mieux physiquement et psychologiquement…

 

 

Donc, si je résume les 7 meilleures raisons de devenir un émetteur de bonnes nouvelles

1- ça éloigne les cons

2- ça ensemence des pensées positives dans ton cerveau

3- ça te rend moins con

4- ça attire les gens positifs

5- ça te donne des airs de philosophe grec… sans la toge (mais ça ne t’interdit pas de la porter)

6- ça te préserve du vieillissement

7- ça renforce ta résistance au stress

Je suis sûr qu’on pourrait trouver d’autres raisons mais faudrait que je change le titre de l’article… faut pas déconner 🙂

 

Conclusion

Émettre de bonnes nouvelles est une habitude saine à adopter. Elle requière de la vigilance et une certaine volonté tant notre reflex grégaire nous pousse à la défiance et la recherche d’un ennemi commun contre qui se liguer. Les médias passés experts dans le relais de mauvaises nouvelles ne font d’ailleurs rien pour me faciliter la tâche.

Mais les auteurs cités dans cet article sont eux-mêmes porteur de bonnes nouvelles et c’est en quelque sorte porter la bonne nouvelle que rappeler que l’optimisme et le savoir-vivre au bureau améliorent notre santé et aussi notre carrière !

Alors, plutôt qu’absorber ta dose quotidiennes de catastrophes médiatiques, fais ta propre revue de presse, les nouveaux médias ne manquent pas, et rapportent quelques bonnes nouvelles à la machine à café.

Si tu connais des sources de bonnes nouvelles, n’hésite pas à me contacter pour me les communiquer ou à les partager juste en dessous en commentaire : merci !

> Daniel

 

 

Sources bibliographique

 

Cet article est inspiré d’une première publication sur www.zouzenparis.fr

 

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