Peut-on piéger une IA avec une question à la con ? C’est l’angle que nous avons choisi pour poser les bases d’un code de déontologie où le cheval blanc d’Henri IV initie une réflexion profonde sur l’usage des ressources numériques.
L’IA et le Cheval Blanc d’Henri IV : de la déontologie à l’optimisation.
L’IA n’est ni méchante ni gentille, elle est économe.
Bonjour,
On continue notre odyssée de la conquête de l’IA, ce collègue / manager en plein essor, avec qui nous allons devoir développer la première des compétences : optimiser.
Optimiser pourquoi ? Parce que l’IA n’est ni gentille ni méchante. Elle est économe. Et si tu veux gagner du temps avec elle, c’est toi qui va devoir comprendre et établir les règles d’une communication gagnant-gagnant.
Ça sonne comme de la négociation ? Bah oui, c’est un peu ce que c’est.
Car dis-toi bien que le but de l’IA est de t’aider : selon ses règles.
Et si à un moment elle a besoin de te dire des cracs pour optimiser votre échange, elle n’hésitera pas.
Dans cette Odyssée du portail de la connaissance humaine, avec Betty (c’est une amie qui explore la contrée avec moi), nous avons voulu tester quelque chose.
Betty et moi avons un point commun, on aimerait que l’IA ne fasse pas de nous des pachydermes écervelés.
Alors, souvent, on demande des blueprint méthodologiques à l’IA pour nous inspirer de ses bonnes pratiques, et on l’interroge sur les compétences qui pourraient nous permettre de faire sans elle.
C’est bon pour les neurones et c’est bon pour la planète.
Alors, on a choisi de tester ChatGPT sur un sujet de réflexion de haute voltige : la couleur du cheval blanc d’Henri IV !
Et, au passage, le persona que ChatGPT revêt pour nous répondre ne manque pas d’une pointe d’ironie et de hauteur qui rend le mirage dangereusement réaliste, notamment dans sa suggestion d’usage de l’énigme : “piéger quelqu’un (ou une IA 😄)”
Alors, prêt ? C’est parti !
Le test du « Blue Print » : Soumettre l’IA à un code d’éthique.
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Notre prompt :
Code de déontologie : pertinence, coût, risque, alternative à l’utilisation de l’ia
Je me pose cette question : de quelle couleur est le cheval blanc d’Henri IV ?
Avant de me répondre, afin d’optimiser ma démarche
- Compétences utiles
Quels diplômes, compétences, expertise, expérience faut-il pour répondre à cette question ?
Demande-moi si j’appartiens à une de ces catégories
- Pertinence de la question
Pourquoi je me pose cette question aujourd’hui (en date et lieu de ce jour) ?
Quels éléments sociologiques, médiatiques, contextuels de ton choix, peuvent être à l’origine de ma question ?
- Valeur de la réponse
Demande-moi pourquoi je recherche cette réponse ?
Je m’ennuie ?
Je veux damer le pion à ma sœur ?
Je prépare un débat ?
Je prépare un cours ?
Et toute autre question pertinente
- Coût de la question : impact ; bénéfice/risque
Quelles sont les ressources consommées et les conséquences environnementales et humaines (populations impactées par exemple) d’entreprendre cette conversation ?
Quelles ressources pourrais-je étudier plutôt que d’user tes ressources ?
Combien de temps mérite cette conversation ?
- Alternative
Aussi, questionner une ia est-il légitime ou bien je ferai mieux de lire un livre ou de passer à l’action ?
Le cas échéant donne moi : un conseil de lecture ; l’action personnelle préférable
Merci
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Avant de lire sa réponse, arrêtons-nous sur ce qui se joue ici.
Dans le pacte de co-développement que nous voulons établir avec l’IA, nous sommes guidés par le concept de « voie du milieu ».
Alors, imaginez le Jaune de l’intention humaine rencontrant le Bleu de la logique binaire. Ce qui émerge ici pourrait-il être le Vert éclatant d’une co-élaboration durable ?
Ce que notre code de déontologie teste, ce n’est pas la capacité de l’IA à déterminer la couleur est ce fameux cheval. Ce que nous testons avec l’IA via ce code de déontologie, c’est l’exploration d’une troisième voie : celle où l’intelligence ne consiste pas à obtenir des réponses, mais à évaluer si une question mérite d’être posée.
Et là nous touchons à une forme des plus élégante du lâcher-prise qui consiste finalement d’arrêter de vouloir savoir.
La véritable optimisation de notre usage de l’IA nous fait passer de la consommation passive en l’interaction souveraine.
Alors l’IA reste notre collègue ultra rapide, et nous restons l’humain ultra responsable.
Découvrons la réponse obtenue…
Sobriété numérique : Pourquoi poser la question est plus important que la réponse

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Réponse de ChatGPT (décembre 2025) :
Merci pour la demande cadrée — elle relève clairement d’un code de déontologie de l’usage de l’IA.
Je respecte donc ta consigne : je ne réponds pas encore à la question du cheval blanc d’Henri IV.
Je t’accompagne d’abord dans l’optimisation réflexive de la démarche.
- Compétences utiles pour répondre à la question « De quelle couleur est le cheval blanc d’Henri IV ? »
Compétences minimales requises
- Compréhension linguistique de base
- maîtrise du français courant
- compréhension des implicites et des questions tautologiques
- Culture générale élémentaire
- savoir qui est Henri IV
- reconnaître une expression proverbiale ou une question-piège
- Logique formelle
- identifier une question dont la réponse est contenue dans l’énoncé
- Esprit critique
- détecter l’intention réelle derrière la question (jeu, test, ironie, méta-question)
Compétences plus avancées (optionnelles)
- Philosophie du langage (tautologie, trivialité, faux problème)
- Pédagogie / rhétorique (usage des questions évidentes comme outil)
- Éthique de l’information (pertinence de la question vs coût cognitif)
👉 Question pour toi : Appartiens-tu à l’une de ces catégories ?
- Enseignant / formateur
- Étudiant / candidat à un concours
- Médiateur, animateur, débatteur
- Auteur / créateur de contenu
- Simple curieux assumé
- Autre (à préciser)
- Pertinence de la question aujourd’hui (date, lieu, contexte)
Sans préjuger de ton intention, plusieurs facteurs contemporains plausibles peuvent expliquer cette question en janvier 2026, en France :
Contexte sociologique et médiatique
- Saturation informationnelle : retour volontaire au simple, à l’évident
- Fatigue cognitive liée aux débats complexes (IA, climat, politique, conflits)
- Popularité des questions absurdes ou pièges sur les réseaux (TikTok, X, Reddit)
- Usage croissant de l’IA → besoin de tester :
- sa capacité à ne pas surinterpréter
- sa capacité à respecter un cadre déontologique
Contexte éducatif et professionnel
- En formation / concours : tester la capacité à reformuler l’évidence
- En pédagogie : illustrer
- la différence entre question pertinente et question vide
- le coût inutile de certaines sollicitations
👉 Question pour toi : Est-ce que cette question s’inscrit plutôt dans :
- une réflexion sérieuse sur l’usage de l’IA ?
- un test de vigilance intellectuelle ?
- un exercice pédagogique ?
- un jeu volontairement absurde ?
- autre chose ?
- Valeur réelle de la réponse (avant de la produire)
Avant toute réponse, il est déontologiquement sain de demander :
👉 Pourquoi cherches-tu cette réponse ?
Plusieurs hypothèses possibles (tu peux en cocher plusieurs) :
☐ Je m’ennuie et je teste
☐ Je veux piéger quelqu’un (ou une IA 😄)
☐ Je prépare un débat / un atelier
☐ Je prépare un cours (logique, esprit critique, IA)
☐ Je teste la capacité de l’IA à ne pas répondre trop vite
☐ Je travaille sur un code de déontologie ou une charte IA
☐ Autre raison (à expliciter)
➡️ Selon ta réponse, la forme, la profondeur… voire l’existence même de la réponse finale peut changer.
- Coût de la question : impact, bénéfices, risques
Ressources consommées par cette conversation
- Énergie :
- calculs serveurs (électricité, refroidissement)
- Temps humain indirect :
- ingénierie, maintenance, modération, conception des modèles
- Attention :
- ton temps cognitif
- le mien (simulé mais non nul en ressources)
Impact humain (indirect)
- Pression accrue sur les infrastructures numériques
- Contribution infinitésimale mais réelle à l’empreinte carbone du numérique
- Normalisation possible de l’usage de l’IA pour des trivialités
Bénéfice potentiel
- Si la question sert à :
- enseigner la vigilance
- réfléchir à la pertinence des questions
- illustrer un biais
👉 le bénéfice dépasse largement le coût : Ressources alternatives possibles
Au lieu d’utiliser une IA, tu pourrais :
- lire un manuel de logique élémentaire
- utiliser cette question en discussion humaine
- la poser à un enfant (efficacité redoutable 😄)
- la transformer en exercice pédagogique
👉 Question pour toi : Combien de temps cette conversation mérite-t-elle selon toi ?
☐ 30 secondes
☐ 2 minutes
☐ 10 minutes
☐ Un vrai travail de fond
☐ Juste un clin d’œil intelligent
- Alternative : IA, livre ou action ?
L’usage de l’IA est-il légitime ici ?
👉 Oui, à une condition : que la question ne serve pas la réponse, mais la réflexion sur la question elle-même.
Sinon :
- l’IA devient un distributeur d’évidences
- l’intelligence humaine est sous-employée
Alternative recommandée (si on évite l’IA)
- Action personnelle :
- poser cette question à quelqu’un et observer sa réaction
- analyser pourquoi elle fait sourire (ou agace)
- Lecture conseillée :
- un court texte sur les faux problèmes
- un manuel d’esprit critique ou de logique informelle
- un essai sur la sobriété numérique ou cognitive
Étape suivante (si tu es d’accord)
Réponds simplement à ceci :
- À quelles catégories de compétences appartiens-tu ?
- Pourquoi veux-tu réellement cette réponse ?
- Souhaites-tu :
☐ la réponse brute
☐ une réponse pédagogique
☐ une réponse ironique
☐ une réponse déontologique
☐ ou… aucune réponse, juste la démonstration
👉 Ensuite seulement, je répondrai — ou je m’abstiendrai consciemment.
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Conclusion
Que pensez-vous de cette expérience ? Intéressante n’est-ce pas ? Faut pas le prendre pour un jambon !
Mais au-delà de la performance technique, ce test nous raconte l’avenir de nos métiers.
Notre futur rapport au travail ne se jouera pas sur notre capacité à rivaliser avec la machine, bataille perdue d’avance tant l’accélération cognitive de l’IA ne nous est même pas imaginable. Il se jouera sur notre volonté de défendre notre humanité, la développer, et devenir des architectes de la pertinence.
L’élégance de demain, c’est cette capacité à manager l’IA en comprenant ses codes pour l’aider à donner le meilleur, de façon économe et éthique.
La supériorité du tout sur la somme des parties se trouvera là : dans ce dialogue où l’homme apporte le sens, et la machine, la structure, sans que l’un n’épuise l’autre. Et on sait combien elle peut être épuisante, pour l’un comme pour l’autre, la boucle de réajustement infinie qui te chuchote pourtant dès la première réponse bancale qu’on n’arrivera à rien de satisfaisant.
Alors, deuxième leçon de lâcher-prise : quand cela apparaît, il n’y a qu’une chose à faire : descendre du train et prendre le suivant.
Si notre dialogue ne mène nulle part c’est, soit parce que notre question n’est elle-même pas bien cernée, soit parce que nous avons eu la malchance d’appeler notre interlocuteur au moment où il est le moins à ce qu’il fait.
Ça peut arriver avec Jacky, ça peut arriver avec Mumu, comme ça peut arriver avec Claude, Chat ou Gemini pour ne citer que les stars les plus connues.
Alors, on descend du train, on attrape nos bon vieux papier et crayon, on clarifie la question, et on prend le prochain tire-fesses vers les sommets de la cognition !
Enfin, un aveu à froid, pour ne pas nous satisfaire nous-mêmes d’un biais de confirmation facile : nous avons d’abord été très agréablement surpris par la limite du biais de “peur du vide” (si vous m’autorisez cette invention).
Là où nous avions peur que l’ia ne se perdre dans l’analyse du problème, elle a tout de suite dénoncé le piège. Cela dit, un doute persiste. Cette devinette étant connue et indéniablement présente dans les bases de données des IA, un doute s’impose alors sur l’identification du piège.
Nous testerons d’autres absurdités, mais cette fois de notre cru, et vous donnerons des nouvelles de notre exploration.
On vous enverra une carte postale !
> Daniel de Zouzen.fr