pervers narcissique manipulateur au travail

Pervers narcissiques et harcèlement moral au travail : comment se protéger

Relation ambigüe, dénigrement de ton travail, dégradation du climat du bureau, effritement de ta vie privée… Ton chef est-il un pervers narcissique ?

C’est probable mais je te rassure, la souffrance au travail n’est pas une fatalité et si ton N+1 est passé expert en harcèlement moral, toi, tu possèdes les clefs pour ne plus souffrir de ce management pathogène.

Je l’ai moi-même vécu et j’en ai connu les conséquences funestes sur ma vie de famille et mon équilibre personnel. Et, bien qu’aujourd’hui l’environnement professionnel soit loin d’être tout rose, j’en suis revenu et je vais partager ici quelques éléments essentiels pour affronter la situation.

Alors si tu es dans cette situation, ne perds pas espoir. Garde confiance et dis-toi que tu peux transformer le poison en un nouveau départ.

Dans cet article, nous allons voir :

1. Comment reconnaître un pervers narcissique manipulateur ;

2. Comment vaincre cet adversaire dans le quotidien ;

3. Que faire sur le long terme.

 

1. Comment reconnaître un pervers narcissique manipulateur ?

L’expression pervers narcissique manipulateur (PNM) est aujourd’hui servie à toutes les sauces et on a l’impression que la plupart des managers actuels des deux sexes mériteraient cette appellation. Est-ce justifié ? Est-ce que ton ou ta chef est pervers narcissique ?

Un psychologue dirait qu’une identification rapide est impossible et qu’il convient de savoir si on parle de son organisation psychique ou de sa personnalité [Je te renvoie d’ailleurs à la fin de cet article pour des éléments psychopathologiques sur le sujet]. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est une solution.

Alors, concrètement (et que l’académie nous pardonne), je t’invite à lire ce qui suit pour commencer à faire la lumière sur ta situation car la première clef de la libération c’est la révélation…

Un peu comme quand on allume la lumière et que la silhouette effrayante sur le mur n’était que l’ombre d’un vêtement mal plié sur la chaise !

 

L’identifier pour se protéger

Est-ce que les situations qui suivent reflètent ce que tu vis au travail ? Pour chaque point, avant d’aller plus loin, je te propose mes petits As de Pique ou aspics pour lui faire siffler les oreilles 🙂

Ton chef te place en situation de double contrainte et fixe des objectifs inatteignables

On te demande de faire preuve d’initiative puis on te le reproche ?

On te demande d’aller toujours plus vite mais de ne pas précipiter les choses ?

On te demande de régler un dossier en urgence mais aussi de régler deux autres dossiers en urgence ?

Attention au surmenage ! Bien que tu expliques les contraintes, le manager te confie des missions impossibles. Et toi, tu as l’impression que c’est un gage de confiance, alors, tu donnes tout… Et plus tu réussis, plus on t’en ajoute jusqu’à ce que les objectifs fixés deviennent impossibles à atteindre et te provoquent des boules d’angoisse et des crises de colère.

♠ Comme aux échecs, prévois plusieurs coups d’avance. Gère le temps et impose-toi un rétroplanning plus large que tes capacités, crée-toi une marge de manœuvre.

♠ Ne te laisse pas prendre au jeu du narcissisme, c’est son terrain et il a tout intérêt à t’y faire entrer.

♠ Ne cherche pas à lui faire entendre raison, il en est incapable, nous verrons un peu plus loin pourquoi.

Parler avec un con, c’est un peu comme se masturber avec une râpe à fromage : beaucoup de souffrance pour peu de résultat (Pierre Desproges).

Tu subis situations humiliantes et dévalorisation sociale

On te demande de t’exprimer en public sur un dossier que tu ne connais pas ?

On t’adresse des critiques plus ou moins fallacieuses par e-mail avec copie à “la terre entière” ?

On laisse entendre que tu n’as pas la compétence ?

On crée des connivences contre toi ?

♠ Ne te laisse pas prendre au jeu de l’égo, dis les choses telles qu’elles sont, ne cherche pas à paraître. On t’interroge en public sur un sujet que tu ignores ? Reçois la question et propose d’adresser l’information plus tard.

♠ Dans le cas des e-mails, réponds « du berger à la bergère » et « à tous » : “Pourquoi cette remarque ? ; Où avez-vous relevé cela ? ; De quelle version du fichier parlez-vous ? ; Vous avez peut-être mal lu…”

♠ Le manager pathogène te donne la chance d’organiser ton travail 😉 Classe, date, numérote les versions d’étape de tes fichiers ;

♠ Adresse-lui systématiquement le suivi du dossier + copie à un contact extérieur. Il te reproche de lui envoyer trop de message ? C’est sans importance, dans le cas contraire, il te reprocherait de ne pas l’avoir informé.

Le manager s’attribue tes réussites

Il déclare qu’il t’a donné un travail mais qu’il a dû tout refaire derrière toi…

♠ Et c’est vrai ! Normal puisque les consignes de travail ne sont pas claires ou qu’elles changent au fur et à mesure du projet et, le plus souvent, sans que tu en sois averti.

Le pervers narcissique manipulateur aime les consignes floues, elles lui laissent toute latitude pour exprimer son mécontentement

J’ai lu sur le net une petite mise au point intéressante sur cette question floue 🙂 Si ça t’intéresse, l’article de Rémi, c’est par ici affirmation-de-soi.info !

 

Et si ton chef était lui-même sous l’emprise d’un pervers narcissique ? Effet boule de neige et détérioration généralisée…

Ton N+1 lui-même peut être aux prises avec ce genre de problème. Et si « au dessus » personne ne fait rien pour assainir l’environnement, la gangrène se propage à toute l’organisation…

Lorsque le harcèlement subi par ton N+1 se généralise à l’équipe

Le N+1 est sous pression avec pour mission de presser son équipe ;

Le N+1 se rend malade et multiplie absences et congés, comptant sur l’équipe pour assurer la continuité de service ;

Le N+1 par mimétisme et adaptation adopte des attitudes et des valeurs de ses bourreaux qui se répercutent dans le management de l’équipe…

 

2. Comment vaincre cet adversaire dans le quotidien  ?

La première chose à comprendre, c’est qu’un pervers narcissique ne peut pas être sensibilisé à la souffrance qu’il provoque.

Le pervers narcissique n’est pas doué d’empathie pour la raison « très simple » qu’il est débordé par la recherche de lui-même ! Il ne s’attache par aux autre mais à lui-seul, à travers l’autre.

Sache une seule chose, le pervers narcissique ne connaît pas l’empathie, il ne peut pas prendre conscience de la souffrance qu’il provoque

Il n’a pas conscience des émotions d’autrui, il est pris dans une permanente quête de soi, quitte à devoir détruire autrui. C’est son organisation psychique qui est ainsi. Ne le plains pas, ne le blâme pas mais simplement prends conscience du mécanisme.

 

L’aïkido mental au boulot

L’expression est de Stefano du blog www.manipulateurs-au-travail.fr qui nous livre son expérience dans une approche très Zou Zen qui me parle beaucoup ! L’article est comme j’aime, concret.

On n’est pas là pour parler de la énième charte Marchinchose ou du rapport Trucmuche. Ce qui nous intéresse, c’est comment modeler sa vie à partir de l’argile de notre expérience !

J’aime bien cet article alors, le mieux c’est encore de lire l’original mais en voici les grandes lignes.

Décrypter la relation et adapter son comportement pour mieux se protéger

Les pervers narcissiques sont centrés sur eux-mêmes et arrogants : en réalité, ils manquent de confiance en eux.

Ils demandent l’attention et l’admiration de ceux qui sont autour d’eux, manipulent dans le but de servir leurs propres intérêts, n’éprouvent aucune empathie et sont de mauvaise foi, pouvant dire tout et son contraire sans ciller. Leur attitude, amicale ou autoritaire, est changeante.

Prends conscience que tu ne pourras pas le changer. Concentre-toi plutôt sur une stratégie pour gérer la cohabitation au quotidien.

Ne pas le prendre “personnellement” ni même chercher à faire “amis”

Une fois comprise la dimension “pathologique” du pervers narcissique, la situation s’allège.

Dommage quand ça tombe sur soi mais, en fait, ce n’est pas vraiment « toi » qui est visé puisque tout tourne autour de lui. Oui, il ne fait pas de critiques personnelles et ne cherche même pas véritablement à faire souffrir puisque l’émotion des autres lui est inaccessible.

Se concentrer sur le problème

Lui exprimer les difficultés que tu endures ne changera rien, il n’a pas la capacité à en tenir compte et surtout, il ne peut envisager en être responsable.

Alors essaye d’approcher la situation de la manière la plus dépassionnée possible et d’adopter quelques stratégies en te rappelant que son but n’est pas de produire de la souffrance, son moteur c’est le plaisir que lui procure son sentiment de supériorité.

Propose deux solutions

Si tu dois effectuer une mission ou rendre un projet, propose-lui deux solutions pour qu’il puisse choisir. Les chefs pathogènes veulent toujours qu’on leur soumette plusieurs propositions ! Ils veulent avoir le choix pour dire « celui-là ne va pas. Il faut faire comme ça ».

Renonce à la compétition et à la reconnaissance

Si tu fais du bon boulot, c’est parce qu’il te l’a demandé et que tu suis ses méthodes et ses consignes : c’est donc normal que toute récompense lui revienne ! Tu travailles pour lui telle une extension de lui-même qui satisfait son narcissisme.

Si tu fais du bon boulot c’est parce je t’ai fait progresser

Flatte son égo

Pour l’amadouer, Stefano conseille d’éviter de l’attaquer (ou en connaissance de cause !) et (si ton propre égo te l’autorise) de jouer son jeu de la flatterie : l’écouter, lui demander conseil, le remercier…

L’auteur propose même d’accorder le mérite de notre travail au chef pervers narcissique qui – de toute façon – se l’appropriera.

Ce qui est drôle avec cette relation, c’est qu’arrivera le moment où tu pourras lui refiler un boulot au prétexte que ce sera mieux fait ou que ça te permettra d’apprendre de son expérience ! 🙂

Décrire la situation et analyser ses options

Clarifiée et posée sur le papier, la situation pèsera déjà moins.

Alors fais le point en essayant de distinguer ce que tu ressens de ce que tu subis concrètement.

Quels sont les réelles difficultés ? Quels sont les pires traits de cette personne et de la relation ?

N’y a-t-il rien dans son comportement et ses méthodes qui peuvent t’être utiles dans ton travail ? Comment agit-il avec les autres ? Est-il capable de faire avancer les choses ou de débloquer des situations quand tu en as besoin ?..

Ensuite, quelles sont tes options ?

Changer d’emploi ? Changer de poste ? Chercher la médiation ?…

150 idées pour emmerder son patron : mener une guerre d’usure

Et si tu lui donnais envie de prendre de longues vacances ? 🙂

Connais-tu ce petit recueil de coups vaches, de farces et attrapes et d’excuses de retard farfelues pour survivre dans l’univers impitoyable du bureau ou se venger d’un boss ou d’un collègue détestable… Parmi les armes offertes au lecteur, certaines techniques frôlant l’autodérision Monty Pythonnienne me paraissent tout indiquées pour décourager les élans destructeurs d’un chef ou d’un collaborateur narcissique et l’éloigner, loin, très loin…

Lire 150 idées pour emmerder son patron 🙂 un petit livre pour rire au bureau !

 

3. Que faire sur le long terme ?

Fuir !

Le journal du net le dit tout net !

Fuir son réseau, fuir le dialogue, fuir les rendez-vous inutiles. Être lisse, sans attrait, et ne pas chercher à avoir raison, c’est peine perdue.

Ne pas entrer dans le débat car c’est son terrain de prédilection.

En parler, ne pas garder ça pour « vous deux »

Il faut en parler et ce n’est pas facile car on craint de passer pour dépressif et justifier la raison pour laquelle le manager à tant de difficultés avec nous. Mais dès qu’on en parle, on se rend vite compte qu’on n’est pas seul dans cette situation et on peut même recevoir de bons conseils.

. Interroger l’entourage : es-tu le seul à avoir ce sentiment où d’autres personnes partagent-elles la même opinion et vivent le même calvaire ?

. Interroger ses anciens collaborateurs : libérées de l’emprise, les langues se délient !

Commencer à constituer son dossier ?

. Rassemble tes pièces à convictions : e-mails suspects ; consignes de travail ; restructuration sans dialogue sociale ; tâches inutiles et chronophages ; tes absences, maladies et arrêts de travail ; ton bilan de formation pitoyable ; les congés que tu n’as pas pu prendre ; les conclusions de tes bilans annuels…

. Rédige tes observations : ce qui relève de la double contrainte, l’organisation du travail, la mise en place de méthodes de contrainte…

Si la situation s’aggrave ou bloque ton évolution de carrière ?..

Partir en bataille ?

En référer au délégué syndical pour ouvrir la médiation. D’accord mais dans quel but exactement ?

Une médiation vers quoi ? Il faut que tu définissent ce que tu veux négocier.

Et si la médiation échoue, pour saisir le Conseil des Prud’Hommes il te faudra un dossier béton et là encore une vision claire de ce qui motive ta démarche et ce que tu demandes et proposes.

Surveille tes arrières !

Attention, si tu te rebiffes, ce n’est plus l’approche « aïkido » mais l’attaque frontale qui peut mener à la fracture.

Calomnie, sabotage, chantage émotionnel, harcèlement… Chez certaines personnes particulièrement atteintes, ça ira jusqu’à l’espionnage de la vie privée, le piratage du téléphone ou encore la fabrication de fausses preuves déposées sur ton ordinateur.

♠ C’est le moment de te demander si tu as fait attention à ta e-réputation et de te méfier des hackeurs en général.

♠ Pas d’images compromettantes et une bonne gestion des droits de lecture et d’écriture sur tes réseaux sociaux ;

♠ Un code d’accès à ton ordinateur et un mode « économie » automatique pour éviter que ta session reste accessible en ton absence…

Tu risques de voir les clans se former et peut-être même « tes alliés » et ta hiérarchie se liguer autour de ce serpent aux yeux hypnotiques et aux larmes de crocodile.

Faut-il aller aux Prud’hommes ?

La réponse de Benjamin Fabre est très simple : non

« Même si votre employeur a été très méchant avec vous, même si votre avocat est le meilleur pitbull de la place, la perspective de remporter le pactole devant le juge est de moins en moins garantie. »

Et surtout « l’énergie que vous allez investir dans cette lutte entièrement tournée vers le passé […] à réclamer des témoignages de vos ex-collègues (en vain), à ressasser les heures les plus douloureuses de cette période, ne fera que prolonger votre souffrance et plomber l’optimisme nécessaire à votre nouveau départ, vous causant au final un mal bien supérieur à celui que vous comptiez infliger à vos anciens bourreaux. »

Et pour te galvaniser : « croyez-vous que le comte de Monte-Cristo, champion du monde de la vengeance, se soit épuisé avec des pièces à conviction et des avocats à rouflaquettes ? »

Lire Comment triompher au bureau 🙂 un livre pour vivre mieux au travail

 

En conclusion

Comment se libérer de l’emprise toxique du manager pervers narcissique ?

Je dirais en transformant la situation. C’est certainement une épreuve douloureuse, et je l’ai connue. Mais c’est aussi le signal d’un changement à apporter dans ton travail, voire dans ta vie peut-être. Le moment d’être l’acteur optimiste de ton histoire qui peut transformer le poison en remède et jouer à prendre les choses un peu moins au sérieux.

Ce qui est insupportable avec la relation au pervers narcissique c’est son incapacité à prendre conscience de sa responsabilité dans ta souffrance.

À l’entendre, c’est une personne sensible, et, tout au plus, un peu exigeante. Il ne tire pas son plaisir de ta souffrance mais de sa supériorité.

Alors, quelle solution as-tu ?

Ce n’est pas moi qui dirait s’il faut rester ou partir. Faut-il manœuvrer ou attaquer ? On a vu différents avis dans l’article.

Mais ce que dirait la sagesse et l’expérience, c’est que si tu ne règles pas à l’intérieur de toi-même et de ta propre vie les causes de cette souffrance, tu les emporteras partout avec toi et tu peux parier que tu revivras la même situation à nouveau à l’avenir.

La relation que t’impose le pervers narcissique est un miroir de l’égo.

Et grâce à cette épreuves, si tu es plus fort que le petit égo, tu peux développer du détachement à l’égard du manque et du besoin de reconnaissance. Tu peux instaurer une relation plus distanciée et plus saine avec ton travail.

Et si ton cœur s’ouvre encore davantage, tu peux même découvrir de la compassion et connaître un total détachement à l’égard de cette personne.

Il n’est plus alors le pilote de ton affliction mais le miroir de tes attachements.

Toute situation peut nous aider à nous dépouiller de nos conditionnements à la récompense.

Alors, concrètement, sors de votre jeu. Saisis l’occasion de prendre de la hauteur. Fais le point sur ta vision du travail, sur ce que tu apportes aux autres.

Reviens à l’essentiel, rappelle-toi à toi-même. Ces personnes nous désorientent et imposent un climat de gravité alors qu’en réalité, tout cela passe à travers toi et ton interprétation.

On ne voit pas le monde tel qu’il est mais tel qu’on est

J’ai personnellement gâché une période de ma vie. Mais en réalité, il n’y a rien à regretter puisque cette épreuve et cet obstacle m’ont permis de m’élever. Garde confiance et élargis ton regard. Les épreuves ne sont que des points de départ.

> Daniel

 

 

Éléments de définition de la psychologie clinique : extraits

Comme le soulignait Stoller (1984), la perversion se définit comme un mouvement de destruction dont l’autre est l’objet. Elle n’est pas assimilable aux conduites sexuelles dites déviantes : elle s’appréhende comme une intentionnalité destructrice qui peut prendre la figure du racisme, de la misogynie, de la petite tyrannie quotidienne, ou bien exploser dans le meurtre (Plaza, 1990). (Page 36)

La psychanalyse distingue névroses, psychoses et perversions (ou organisations limites selon certains). (Page 100)

Dans l’organisation limite, la problématique fondamentale est celle de la valeur du sujet, liée à celle de ses objets d’investissement. En raison d’un conflit entre l’Idéal du Je et la réalité (dont les impulsions du Je), le sujet est menacé d’un effondrement narcissique, avec une angoisse d’abandon par l’objet investi que le sujet craint de décevoir. Le clivage de valeurs est le processus de défense caractéristique de l’organisation limite : deux attitudes de valeur opposée (e.g. amour/haine) coexistent psychiquement tout en étant maintenues dans deux compartiments séparés en mémoire. L’image de Soi est ainsi clivée en un « bon » Soi et un « mauvais » Soi, de même que l’objet investi est clivé en un « bon » objet et un « mauvais » objet. Le sujet bascule d’un compartiment à l’autre, ce qui s’exprime cliniquement par une alternance d’extrêmes, notamment sur le plan de l’humeur. Tout éloignement de l’objet réactive la menace narcissique, d’où une relation de dépendance qualifiée d’anaclitique. Autrui est bien différencié du Soi — ce qui contraste avec la fusion psychotique —, mais, n’étant là que pour combler la faille narcissique, n’est pas reconnu dans son désir autonome et n’est donc pas pleinement constitué comme sujet. (Page 97)

Personnalité limite : La personnalité limite se définit par un mode général d’instabilité du comportement, de l’image de soi, de l’affectivité et des relations. […] un doute sur la valeur de soi sous-tend le fonctionnement et le sujet tantôt idéalise son image, tantôt se dévalorise massivement. La menace dépressive serait constante chez ces sujets (Bergeret), […] L’utilisation d’autrui, traité comme un objet ou servant de prothèse narcissique, peut confiner à la perversion. […] (Page 127)

Personnalité narcissique : La personnalité narcissique est une variante de la personnalité limite dans laquelle le sujet maintient de façon plus stable une image idéalisée de Soi au premier plan. Cela s’exprime sémiologiquement par un sentiment d’être unique, une survalorisation de soi et un manque d’empathie, avec un besoin éperdu de reconnaissance. La dépendance au jugement des autres trahit la défaillance narcissique qui menace en profondeur et peut susciter de brefs effondrements. (Page 128)

Source : Ionescu S., Blanchet A. et al. (2009). Psychologie clinique et psychopathologie. Nouveau cours de psychologie. Presse Universitaire de France. Paris

 

Inspiré d’une première publication sur www.zouzenparis.fr

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